On part en voyage avec son appareil photo et ses habitudes. On oublie que les règles qui encadrent la photographie changent parfois radicalement d’un pays à l’autre. Ce que vous pouvez faire librement en France peut vous valoir une amende, ou pire, ailleurs.
Quels sont les risques de photographier des personnes à l’étranger ?
Le droit à l’image n’est pas universel. En France, il protège chaque individu : vous ne pouvez pas publier la photo d’une personne identifiable sans son accord. Mais dans d’autres pays, la logique est inversée : c’est à la personne photographiée de prouver un préjudice. Dans certains pays du Golfe, photographier des femmes sans leur consentement explicite peut entraîner une arrestation immédiate. En Inde, des tensions ont éclaté autour de voyageurs qui photographiaient des habitants dans des contextes jugés humiliants. La règle de base la plus sûre reste de demander avant de photographier, un geste simple qui évite bien des malentendus.

Les enfants posent une question particulière. Dans de nombreuses destinations touristiques, des enfants se proposent comme sujets photographiques contre rémunération. Cette pratique est découragée par la plupart des ONG de protection de l’enfance, indépendamment de toute question légale.
Quelles sont les erreurs à ne pas commettre dans les bâtiments, militaires et zones sensibles quand vous prenez des photos en voyage ?
Photographier un bâtiment gouvernemental, une installation militaire ou un poste de police peut être considéré comme un acte d’espionnage dans certains pays. La Chine, la Russie, le Maroc et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont des restrictions très strictes sur ce point, parfois sans signalétique claire.
Les aéroports, les ponts et les gares sont également des zones sensibles dans de nombreux États. En Égypte, photographier ces infrastructures a valu à plusieurs touristes une garde à vue, même sans mauvaise intention de leur part. Avant de voyager dans un pays que vous ne connaissez pas bien, une vérification rapide des restrictions photographiques locales sur le site du ministère des Affaires étrangères français peut éviter une situation désagréable.
Vous souhaitez prendre des photos dans les monuments, l’interdiction de flash et permission de selfie sont importantes. Lisez notre autre article pour en savoir plus.
Attention, ce que vous publiez au retour engage aussi votre responsabilité
La photo prise légalement sur place peut poser un problème juridique une fois publiée en France. Si l’image montre une personne identifiable, une œuvre protégée par le droit d’auteur ou un bâtiment privé, les règles françaises s’appliquent à la publication , même si la prise de vue a eu lieu à l’étranger.
Pour les blogueurs et créateurs de contenu voyage, quelques réflexes s’imposent :
- Flouter ou recadrer les visages des personnes qui n’ont pas donné leur accord explicite.
- Vérifier le statut des œuvres photographiées dans les musées avant toute publication commerciale.
- Mentionner la source lorsqu’on reproduit une image trouvée en ligne, même avec l’accord de l’auteur.
La photographie de voyage reste l’un des plaisirs les plus accessibles du tourisme. Mais comme toute pratique créative, elle s’exerce mieux quand on en connaît les limites — non pas pour s’en priver, mais pour ne pas gâcher un voyage par une inattention évitable.

